Quand Afi est partie, maman et papa ont été choqués. Et moi, Kit, aussi… Je suis le plus âgé et bien que je sois en excellente santé, je m’attendais à partir avant elle. Afi était une sacrée lapine, rigolote, déterminée, ne se plaignant jamais. Elle était extraordinaire. Et surtout, elle n’avait peur de rien. Je n’avais jamais rien vu de pareil et je l’admirais beaucoup. Puis, un matin, j’ai senti que c’était différent. Maman nous a sortis sur le balcon pour qu’on aille tous y faire un tour. Elle avait les yeux rouges. Elle a serré Afi fort contre elle, l’a embrassée et l’a mise dans son petit sac, lui disant au revoir, à très vite. Afi n’avait pas peur, elle avait compris qu’elle subirait une opération complexe qui devait la débarrasser de ses otites. La seule chose qui l’ennuyait, c’était de ne pas rentrer dormir à la maison, avec Dokaï et moi, le soir-même, car elle devrait être hospitalisée 3 jours.

Pendant la journée, j’ai senti que tout se passait bien, mais le soir, c’était bizarre, une ambiance lourde planait… Et ce que je n’ai pas compris, c’est que maman n’est pas rentrée tout de suite. Papa et elle sont rentrés tard, pleurant. Et Afi était avec eux, délivrée du poids de son corps, dans notre petit sac, sautillant partout. Elle m’a tout expliqué, que son corps n’avait pas tenu, mais qu’elle n’avait plus mal du tout et qu’elle était heureuse comme tout car elle avait pu rentrer dormir avec nous. Ce soir-là, nos parents ne l’ont pas vue.

Les jours ont passé, Afi nous a dit au revoir et à bientôt car elle devait rejoindre Cracotte qui l’attendait sur le balcon. Dokaï l’a très mal vécu, il a refusé de manger et de bouger pendant deux jours. Puis, maman a repris vie et a commencé à avoir des obsessions, une en particulier… elle entendait une voix lui répéter : il faut sauver une lapine.

Bon… elle s’est mise à sa recherche… elle se fichait de la couleur de sa robe, ou de sa taille (le géant des Flandres était à éviter pour ne pas écraser Dokaï, hihi). Elle n’avait cure de son âge, de son prénom ou de sa race. Seule condition émise par nos parents : qu’elle soit propre car miss Afi n’avait jamais accepté la litière… et ils n’en pouvaient plus…

Puis, un jour, on nous a embarqués dans un sac, Dok Dok et moi… Et maman a conduit pendant 1h30. Et là, bon Dieu, ça sentait tous les animaux. Je peux les reconnaître… et il y avait une odeur de lapine… Ahhhhaaha…

Bon, la présentation a été houleuse, Dok Dok est très territorial et elle avait peur de lui. Moi, je m’en fichais, tant qu’on me laissait en paix. Mais j’avoue qu’elle était jolie : ronde, grande, avec de grandes oreilles, de belles fesses – hééé, on ne critique pas les goûts des lapins ! Seul souci, c’est qu’elle me course ces temps-ci car je refuse de la laisser me diriger… mais cela, c’est une autre histoire…

Au niveau caractère, elle avait vécu de tels traumas qu’elle était juste en mode survie…. Elle ne s’ouvre toujours pas à nous, pour l’instant, elle a totalement fermé la porte de son passé et ne fait que profiter de chaque instant. Elle a une de ces énergies !!! Une vraie pile qui me fatigue mais je l’aime beaucoup. Et dès qu’elle se calme, j’adore aller vers elle, mais prudemment, car elle a des petits coups de fou et me course… Ça va s’arranger un de ces jours.

Et je profite de faire plein de câlins avec elle quand on est en transport, elle a peur et du coup, moi je suis ravi, je me colle contre elle et la rassure. Et là, elle ne me course pas…

Finalement, revenons au jour de notre rencontre avec Lili, Dok a craqué pour elle – ouf pour moi, car il me colle sinon. Je l’aime beaucoup – même si c’est un mâle – mais j’aime avoir mes moments à moi, je suis super indépendant. Donc Lili allait être une super partenaire de jeux pour lui et ainsi m’éviter de faire du « lapisitting ». Maman me gronde quand je dis cela mais c’est vrai ! J’ai huit ans quand j’écris ce texte, j’aime ma liberté, c’est ainsi.

Maman et papa sont revenus, ils s’étaient baladés en attendant de voir si on s’entendait. Lili est repartie avec nous… pfffff, elle était grande, elle prenait toute la place… mais pas grave, il faut savoir être tolérant.

La suite ? Ouf, sept jours entiers cloîtrés dans le hall car Dok a attaqué Lili une heure après son entrée dans la maison. Il était tellement territorial qu’il n’a pas supporté qu’elle prenne le coin préféré de sa litière… Donc maman a dormi par terre avec nous pendant trois jours, pour éviter qu’il ne tue Lili… La pauvre Lili, elle couinait et partait en courant dès que Dokaï l’approchait… Puis, finalement, re-coup de foudre… et nous avons eu à nouveau accès à nos appartements ! Dokaï me tapait sur les nerfs à un moment… mais bon, je l’aime bien ce p’tit !

En cas de cohabitation difficile, ne lâchez pas, mais demandez de l’aide à des professionnels, car nous, quand on se bat, c’est moche, ça saigne et ça peut tuer…